Nasha
Inscrit le: 07 Juil 2010 Messages: 1 Localisation: Le havre
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Posté le: 07 Juil 2010 15:33 Sujet du message: Homo, bi ou hétéro traumatisée? Je ne sais plus... |
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Bonjour,
Je suis une jeune femme de 29 ans, et en pleine interrogation sur mon orientation sexuelle (donc un peu plus agée que la majorité d'entre vous, j'imagine, mais ce forum me parait être un endroit accueillant et vivant, où les discutions sont intéressantes et constructives, donc me voilà)...
J'espère que mon post ne vous semblera pas trop hors sujet, on est sur un forum qui a pour thème les problématiques LGBT, pas les agressions sexuelles. Mais mon problème se trouve à la croisée des deux, et il se pourrait que je ne sois pas la seule à me retrouver dans cette situation, alors me voici ici.
Voilà, je vais essayer d'exposer le problème, j'espère que ce ne sera pas trop long, ni confus, vu le "joyeux " bazar qui règne dans ma tête en ce moment sur le sujet...
Donc, pour essayer de résumer, j'ai 29 ans, donc, et j'ai été victime d'attouchements de la part de mon "grand-père" paternel ( décédé en 2003), quand j'en avais 5 ou 6. Et à 17-18 ans ,encore vierge, et absolument pas prête à coucher, à faire l'amour avec quelqu'un, j'ai été violée par un mec que je connaissais depuis quelques temps et avec qui je sortais depuis quelques jours... Je résume ça clairement et rapidement maintenant, mais pendant des années j'ai complètement "oublié" tout ça (on appelle ça le déni, c'est fréquent chez les victimes d'agressions, c'est apparemment un mécanisme inconscient, que le psychisme met en place pour survivre à une réalité trop douloureuse). Ca a commencé à me revenir très très vaguement après la mort de mon grand-père, puis c'est reparti aux oubliettes, avant de me revenir vraiment à l'été 2008... enfin je devrais plutôt dire de m'exploser à la figure, vu comment ça a été inattendu, et violent : crises d'angoisses, grosse dépression, ce genre de "joyeusetés"... Heureusement cette période est derrière moi maintenant,j'en ai parlé à deux amies et une partie de ma famille ,etils me soutiennent en cas de coup dur de ce côté -là. Ca devient rare, mais ça arrive encore.
Donc, j'ai fait beaucoup de chemin par rapport à tout ça, mais ça ne veut pas dire qu'il ne me reste pas encore plein de séquelles des agressions, malheureusement... Entre autres un gros manque de confiance en moi, et la timidité qui va avec, et puis beaucoup, beaucoup de mal à faire confiance aux gens... Donc pour les relations amoureuses et la sexualité, c'est pas simple, c'est le moins qu'on puisse dire... Et c'est ce qui me ramène par ici.
Une des conséquence d'une agression sexuelle, eh bien c'est que ça n'aide pas à avoir une vie sexuelle et amoureuse épanouie... Pour ma part, en gros, à l'adolescence, j'étais super mal dans ma peau, et les garçons, les relations amoureuses, ça ne m'intéressait pas... J'ai eu deux vagues flirts avec des garçons, un en 5ème, un autre en 3ème, tous deux très brefs. Et puis plus rien jusqu'à cette "malheureuse rencontre" (c'est le moins qu'on puisse dire) quand j'avais 17-18ans. Pas difficile de deviner qu'après ça, j'avais très moyennement envie de retenter l'expérience "petit ami". Ca ne m'avait jamais beaucoup intéressée, alors là...
Mais en fin de première année d'université, j'ai rencontré un type super, une belle relation, qui a duré quelques mois... Mais sexuellement, ça coinçait (j'ai eu ma première vraie relation sexuelle avec lui, il a été super, mais je sentais bien qu'il y avait quelque chose qui coinçait de mon côté), j'ai mis fin à la relation... Mais sans me poser de questions sur mon orientation sexuelle...
Le questionnement a commencé deux ans plus tard, car je suis tombée très amoureuse d'une fille (une camarade de promotion, avec qui j'avais sympathisé). Il ne s'est jamais rien passé, et elle n'a jamais rien su de ce que je ressentais pour elle... J'ai appris après l'avoir perdue de vue qu'elle était homo, mais j'aurais été bien incapable à l'époque de tenter quoi que soit. Le temps que je me rende compte de la nature de mes sentiments, que j'ose parler de ça à quelqu'un, il s'est écoulé au moins deux ans... J'ai commencé par fréquenter un forum (qui n'est malheureusement plus actif)et au fur et a mesure, il est devenu clair pour moi que les femmes m'attiraient : en passant en revue mon adolescence, je me suis souvenue de cette fille en seconde que j'avais tant "admiré", enfin sur laquelle j'avais complètement craqué faudrait-il plutôt dire, même si à l'époque, il ne m'a jamais traversé l'esprit qu'elle m'intéressait sur un plan amoureux). Je me suis souvenue que je ne comprenais pas ce que les filles de ma classe trouvait au prof de maths de 3ème (elles semblaient toutes craquer pour lui), mais que par compte la prof de latin ou la prof de français de 4ème, qu'est-ce que je les trouvais belles... Et cætera, je pourrais multiplier les exemples...
En 2004, J'en ai parlé à deux amies (les mêmes qui sont au courant pour le viol et mon "grand-père"), qui ont été super. Et puis j'en ai parlé à mes parents, la même année. Là ça a été plus dur... Il ont eu du mal a y croire, ma mère a beaucoup pleuré... Je comprends que ce ne soit pas évident, mais bon... On en a beaucoup parlé, mais je ne suis pas sûre qu'ils aient "digéré" la nouvelle, encore aujourd'hui.
Pendant tout ce temps-là, pas de relations amoureuses, parce que comprendre qu'on est attirée par les filles, l'accepter, essayer de l'assumer, et puis faire le deuil d'une relation qui n'arrivera jamais, ça prend du temps... Et au moment où je commençais à être vraiment prête à avoir une relation homo, à assumer un peu mieux mon orientation, à fréquenter un peu le milieu homo, eh bien les souvenir des agressions ont commencé à revenir...
S'est donc écoulée une assez longue période (pas loin de deux ans) en mode "survie", entre crises d'angoisse et dépression... Les relations amoureuses étaient devenues le cadet de mes soucis, et puis le propre de la dépression, c'est la disparition ou la très forte diminution des envies, des désirs, y compris sexuels ...
Mais je suis maintenant sortie de ce mode "survie", et l'envie de relations amoureuses, de contacts physiques, charnels est revenue. Mais je ne sais plus du tout où j'en suis, si vraiment les femmes m'attirent, si les hommes m'attirent...
J'ai vécu l'année dernière une belle, comment appeler ça, amitié amoureuse est je crois le meilleur terme, avec un homme. Ca a été extraordinaire, une super complicité (amicale, intellectuelle), il était au courant pour les agressions, il a été super doux, on a vécu de supers moments d'intimité ensemble, et même si on n'est pas allés très loin sexuellement, j'y ai pris du plaisir, au moins celui d'être bien dans les bras d'un homme, en confiance. La relation a pris fin car il était très amoureux, moi je l'aimais vraiment bien, mais mes sentiments n'étaient pas aussi fort que les siens. Il voulait construire une relation "sérieuse", comme on dit, et je ne voulais pas lui mentir sur l'intensité de mes sentiments, lui faire miroiter quelque chose que je ne pourrais pas lui apporter... On a rompu...
Et depuis, je ne sais pas. Il a été plus qu'un ami, de part les relations physique qu'on a eues, mais pour moi c'était je crois plus par besoin de tendresse que par attirance, par désir sexuel. Je ne sais pas si je suis très claire, là, mais c'est précisément mon problème, je crois: je ne sais pas si c'est que les hommes ne m'attirent pas, où si il m'attirent mais que vues les agressions que j'ai subies de la part de deux d'entre eux, les relations sexuelles avec eux me font peur, même inconsciemment... Je ne sais pas vraiment non plus si les femmes m'attirent réellement, ou si c'est juste qu'une relation avec une femme me parait moins "dangereuse" ... Esthétiquement, je peux trouver un homme beau, mignon, et je peux aussi trouver une femme belle, jolie, mignonne... mais s'agit-il d'attirances à dimension sexuelle, je ne sais pas. Pff, que c'est compliqué tout ça...
Voilà, comme je l'écrivais au début, je poste ça ici car je me dis que je ne dois sûrement pas la seule à être ou avoir été dans ce genre de situation, et j'ai besoin de discuter, d'échanger sur le sujet... Merci de m'avoir lue, et désolée de la longueur du message...
@ bientôt j'espère! |
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lel
Inscrit le: 23 Nov 2005 Messages: 6022 Localisation: 06
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Posté le: 07 Juil 2010 18:02 Sujet du message: |
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Bienvenue,
Cela sera difficile pour moi de te conseiller de la meilleure des façons possibles, sans dire qu'il faut l'avoir vécu, mais je n'arrive pas à imaginer me mettre à ta place avec ces angoisses, ces interrogations.
Tu as connu des hommes doux, c'est déjà une grande chose, mais après tes traumatismes je me demande si tu peux réellement aimer un homme sans crainte, te lâcher totalement, bien qu'il est certain que je te le souhaite. Ensuite, il peut y avoir une méfiance, un blocage, face aux personnes en général, hommes ou femmes, bien que la piste que tu nous donnes est ton souhait de savoir si tu te sentirais bien dans les bras d'une femme.
Je tente de comprendre tout ça, il y a je pense l'aspect protecteur des hommes qui te rassure, sans véritablement savoir s'il s'agit d'attirance pour ceux le méritant, mais vis à vis de ton histoire, il pourrait s'agir effectivement d'une attirance, ou bien reproduire un schéma inverse où cet homme est doux, respectueux, une forme de thérapie. Je n'en sais rien, je dis peut-être de grosses bêtises.
Par ailleurs, si je suis mon raisonnement, une histoire avec une fille pourrait être comme un nouveau départ, une nouvelle vie. Tu sembles réussir à avoir des sentiments pour elles, mais passer par des lieux de drague comme une boite par exemple, sans généraliser, je ne voudrai pas que tu subisses le côté "on fait notre p'tite affaire et c'est fini". Le milieu associatif me semble préférable, au MAG il y a quand même une majorité de jeunes, tu peux évidemment y passer si tu passes sur Paris ils ne restreignent pas l'accès, mais c'est plutôt pour toi que je dis ça, que tu ne te sentes pas à l'aise. Mais dans tous les cas, lorsqu'on hésite, besoin de parler, il est préférable de passer par les associations. Par un forum ce n'est pas évident, bien que sécurisant pour se confier, mais tu ne pourras peut-être pas réussir à comprendre ce que tu recherches via le virtuel.
En tout cas on est là, et je suis désolée si mon message ne t'aide pas, sache que ton histoire m'a révoltée et déboussolée, et que peu importe le temps que ça prend, j'espère que tu trouveras comme une paix intérieure grâce à quelqu'un, homme ou femme, t'apportant ce dont tu manques. Je te souhaite bon courage. |
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